La Complémentaire Retraite des Hospitaliers, la CRH gérée par le CGOS, fonctionne en points, comme la Préfon, mais avec une particularité rare : votre capital y est garanti. Avant d’y verser davantage, quelques chiffres officiels commandent la lecture. Au 1er janvier 2025, un point s’achète 15,39 € et verse 0,6159 € de rente par an ; leur rapport, ce que le CGOS appelle le rendement de retraite, s’établit à 4,00 %. Vous cotisez sur votre traitement à un taux de 2,50 %, 3,50 %, 4,50 % ou 5,50 %, à votre choix. Ce rendement de 4 % n’est pas une performance de placement : c’est un taux de conversion en rente viagère, et c’est la nuance que cet article vous aide à lire.
Comment fonctionne la CRH du CGOS ?
La CRH est un régime de retraite supplémentaire en points, proposé sous la forme d’un contrat d’assurance collectif souscrit par le C.G.O.S, le Comité de Gestion des Oeuvres Sociales des établissements hospitaliers publics, auprès de l’assureur Allianz Retraite. Créée il y a plus de soixante ans, elle a été transformée, comme les autres dispositifs, en plan d’épargne retraite (PER) après la loi Pacte de 2019, tout en conservant sa mécanique par points. Si vous êtes agent hospitalier et que vous cotisez à la CRH, vous en êtes affilié.
Sa logique diffère de celle d’une assurance vie et de ses quatre couches de frais. Vos versements n’y restent pas sous forme de capital investi sur des supports : ils achètent des points. Le nombre de points obtenus est égal à votre versement divisé par la valeur d’achat du point, son prix de l’année. À la retraite, votre rente annuelle est égale à votre nombre de points multiplié par la valeur de service du point, ce que chaque point paie chaque année, et cette rente viagère vous est versée jusqu’à la fin de votre vie. Vous cotisez par prélèvement mensuel sur votre traitement, au taux choisi entre 2,50 % et 5,50 % ; les valeurs du point figurent dans le guide annuel du régime.
Comment se calcule le rendement de vos points ?
Le calcul tient en une division, et le CGOS la publie lui-même. Le rendement de retraite, c’est la valeur de service divisée par la valeur d’achat. Avec les valeurs de 2025 : 0,6159 divisé par 15,39, soit 4,00 %. Autrement dit, pour chaque euro transformé en point, le régime s’engage à vous verser environ 4 centimes de rente par an, à vie, à partir de la liquidation.
Deux réglages d’âge encadrent ce mécanisme. Vos cotisations mensuelles prélevées sur le traitement ne subissent aucun coefficient d’âge : elles achètent des points au prix plein de l’année. En revanche, un versement libre ou un transfert entrant se voit appliquer un coefficient d’âge croissant, de 1,02 à 48 ans jusqu’à 1,40 à 67 ans et plus ; placé au dénominateur, plus il est élevé, moins vous obtenez de points pour la même somme. Un second réglage joue à la liquidation : sortir sa rente entre 60 et 67 ans donne le plein tarif, plus tôt la minore, jusqu’à 85 % à 56 ans, plus tard la majore, jusqu’à 107,5 % à 70 ans.
Rendement du point ou rendement de votre épargne ?
Le rendement du point est un taux de conversion en rente, pas une performance de placement. La distinction change tout. Un capital placé à 4 % par an grossit chaque année et reste votre propriété : vous pouvez le récupérer, augmenté. Un point CRH, lui, ne grossit pas de la même manière : il vous ouvre un droit à un revenu annuel, versé à vie.
Traduisons en euros, hypothèses affichées. Un point coûte 15,39 € et verse 0,6159 € par an. Pour récupérer, en euros nominaux, le prix payé, il faut donc environ vingt-cinq années de rente. Si vous liquidez à 62 ans, ce point d’équilibre se situe autour de 87 ans : avant cet âge, vous avez perçu moins que la valeur d’achat de vos points ; au-delà, la rente devient un gain, aussi longtemps que vous vivez. C’est la logique d’une rente viagère, dont le point d’équilibre dépend de votre longévité. Le calcul est simplifié : il ne compte ni la revalorisation annuelle de la rente ni la fiscalité, sur lesquelles nous revenons.

La particularité de la CRH : un capital garanti
C’est ici que la CRH se distingue nettement d’un régime en points classique. Vous ne choisissez pas entre acheter des points ou constituer un capital : chaque versement alimente les deux à la fois, et la même épargne est comptée deux fois, en parallèle. Premier compteur, en euros : la somme de vos cotisations, garantie et revalorisée chaque année (2 % au 1er janvier 2025, net de frais). Second compteur, en points : votre nombre de points qui, multiplié par la valeur de service, donne une rente viagère. Le guide du régime l’écrit noir sur blanc : l’intégralité du capital de votre épargne est garantie.
Le choix n’intervient qu’au moment de la retraite, et à ce moment seulement : vous décidez alors laquelle des deux lectures s’applique. Percevoir votre épargne en capital, en une ou plusieurs fois, en rente trimestrielle, ou un panachage des deux. Un exemple de la notice l’illustre, aux valeurs du point de son année d’édition : un affilié de 45 ans qui verse librement 1 000 € obtient 68 points et, en parallèle, 1 000 € de droits en capital. Cette faculté de sortir en capital garanti, plutôt que d’être tenu par une rente, est la différence la plus lourde de conséquences avec un régime en points ordinaire.
Ce que disent les frais, noir sur blanc
La notice d’information de la CRH est explicite sur les frais, et sur ce point le régime est sobre.
- Aucun frais prélevé sur vos versements. La totalité de votre cotisation achète des points ou alimente votre capital garanti, sans prélèvement d’entrée.
- Des frais en cours de vie du contrat de 0,51 % de l’encours des provisions techniques constatés au titre de 2020, dans la limite de 0,75 % jusqu’en 2030, renégociés ensuite entre l’assureur et le CGOS.
- Une allocation à dominante obligataire : 86 % d’obligations, 14 % d’actions, selon le guide. C’est la contrepartie mécanique de la garantie en capital, et cela borne le rendement attendu à celui de ce que le régime détient.
Cette structure est sobre au regard de beaucoup de contrats d’épargne retraite individuels : un régime qui garantit le capital n’a pas la mécanique de coûts d’un contrat en unités de compte où chaque fonds prélève sa propre couche. Reste que 0,75 % par an, appliqués trente ans à un encours qui grossit, ne sont jamais neutres : c’est le calcul que le relevé ne fait pas pour vous.
CRH ou Préfon ? Deux régimes par points, des paramètres différents
Beaucoup d’hospitaliers cotisent à la CRH, à la Préfon, ou aux deux, et hésitent. Les deux sont des régimes par points ouverts aux agents publics, mais leurs paramètres diffèrent, et il est utile de les poser côte à côte, sans en tirer de verdict. Au 1er janvier 2025, le rendement du point ressort à 4,00 % pour la CRH et à 5,13 % pour la Préfon. Ces deux taux ne mesurent pourtant pas la même chose. La Préfon convertit vos versements en rente viagère, sans garantie de récupérer un capital ; la CRH garantit votre capital et le revalorise, tout en offrant l’option de la rente. Le taux de la Préfon est un pur rendement viager, celui de la CRH s’accompagne d’une sécurité que le chiffre seul ne dit pas. S’y ajoutent des frais différents : la Préfon prélève 1 % sur chaque versement, la CRH aucun.
Un point de vigilance : les valeurs du point ne se comparent pas d’un régime à l’autre. Un point Préfon coûte 1,9413 €, un point CRH 15,39 €, sur des échelles différentes qui ne veulent rien dire mises en vis-à-vis. Seul le rendement se compare, et encore, à condition de se rappeler ce qu’il recouvre de part et d’autre. Lequel des deux sert le mieux votre situation dépend de votre âge, de votre horizon, et des risques que vous évaluez et tolérez, une fois les enjeux compris. Car garanti ne veut pas dire sans risque : la garantie échange le risque de marché, visible, contre des risques plus discrets. Les paramètres qui font la valeur réelle de votre épargne, valeur du point, taux de revalorisation, sont fixés chaque année par décision, sans engagement au-delà ; et une rente revalorisée de 1,1 % s’érode face à une inflation supérieure. Ces risques-là se pèsent aussi : une question à instruire, pas à trancher sur un rendement affiché.
Ce que votre relevé CRH ne montre pas
Votre relevé indique votre nombre de points et votre capital à la date d’édition, mais pas comment ils évolueront. La valeur d’achat et la valeur de service du point sont fixées chaque année par l’assureur et le CGOS, et les taux de revalorisation, 2 % pour le capital et 1,1 % pour la rente au 1er janvier 2025, ne sont pas garantis pour l’avenir. Tous vos points n’ont d’ailleurs pas la même valeur de service, ceux acquis depuis le 1er juillet 2008 valant davantage que les plus anciens. La décision qui pèsera le plus lourd, enfin, sortir en capital ou en rente, ne s’y lit pas : elle se prépare, chiffres en main, avant la liquidation.
Quatre questions à poser avant votre prochain versement
Que vous cotisiez par prélèvement sur votre traitement ou que vous envisagiez un versement libre, quatre questions suffisent à décider en connaissance de cause, auprès du CGOS ou de votre conseiller.
- Quelles sont la valeur d’achat et la valeur de service du point cette année, et quel rendement en résulte ? C’est la division à refaire chaque année avant de verser.
- Vais-je plutôt viser une sortie en capital ou en rente ? C’est l’arbitrage central de la CRH, celui que le capital garanti rend possible.
- Un coefficient d’âge s’appliquera-t-il à ce versement, et à ma future rente ? Un versement libre tardif et une liquidation avant 60 ans se paient tous deux en points comptés au désavantage.
- Combien d’années de rente me faudra-t-il pour récupérer ce que je verse aujourd’hui ? C’est le point d’équilibre, à mettre en face de votre horizon.
Questions fréquentes
L’avantage fiscal de la CRH ne compense-t-il pas tout le reste ?
Vos versements CRH sont déductibles de votre revenu imposable, au titre de l’article 163 quatervicies du Code général des impôts, dans la limite de votre plafond épargne retraite. C’est un vrai avantage, d’autant plus marqué que votre taux d’imposition est élevé. Mais il s’applique une fois, à l’entrée, tandis que la rente ou le capital perçus à la retraite seront, eux, imposés. L’avantage fiscal ne supprime ni les frais ni le calcul du rendement du point : il se chiffre à part, en tenant compte de votre imposition d’aujourd’hui et de celle de demain.
C’est le régime des hospitaliers, il est donc forcément sûr ?
Le cadre est solide : un capital garanti, un assureur régi par le code des assurances. Mais sûr est un mot de distribution, pas d’analyse ; la question utile est celle des risques, et ils ne disparaissent pas, ils changent de forme. Les valeurs du point et les taux de revalorisation sont fixés chaque année par décision, sans garantie pour le futur ; tous les points n’ont pas la même valeur de service selon leur génération, preuve que les paramètres évoluent ; et une revalorisation inférieure à l’inflation érode le pouvoir d’achat de la rente. La solidité du cadre est une chose ; l’évaluation de ces risques, à votre horizon, en est une autre.
Faut-il sortir en capital ou en rente ?
Il n’y a pas de réponse unique, et c’est pourquoi la question mérite d’être préparée. La rente vous assure un revenu à vie, mais son point d’équilibre se compte en années et dépend de votre longévité ; le capital garanti vous rend une somme disponible et revalorisée, mais qui cesse alors de produire une rente. Les options de réversion, qui protègent votre conjoint, et d’annuités garanties minorent par ailleurs la rente versée. L’arbitrage dépend de votre situation familiale, patrimoniale et fiscale : il se chiffre, il ne se devine pas.
J’ai déjà beaucoup cotisé, est-il trop tard pour regarder ?
Regarder ne coûte rien et n’engage rien. Vos points et votre capital acquis restent acquis, et la garantie en capital les protège. Mais chaque nouveau versement se décide au tarif de l’année en cours, et l’arbitrage capital ou rente reste entier tant que vous n’avez pas liquidé. C’est sur ces décisions à venir que la lecture de vos chiffres garde tout son sens.
Vos versements CRH dans l’Audit de frais
Vous savez maintenant lire les valeurs qui gouvernent la CRH, calculer le rendement de vos points, le distinguer d’un rendement de placement, et repérer ce qui rend ce régime particulier : la garantie en capital et l’arbitrage qu’elle ouvre. Reste à le faire sur votre situation : vos points, votre capital, votre horizon de liquidation.
C’est ce que fait l’Audit de frais de Plan de Vol. Les régimes en points comme la CRH obéissent à une autre logique que les contrats en euros ou en unités de compte, et l’audit s’y adapte : il chiffre ce que vos versements vous coûtent, ce que vos points et votre capital vous rapportent réellement, et il pose les hypothèses sur la table pour que vous puissiez décider, préparé. Conçu par notre fondateur, ancien chirurgien orthopédique, il ne vend aucun produit et ne vous dira jamais de partir ou de rester : il éclaire, vous décidez. L’audit est offert ; le chiffrage, lui, vous reste acquis.
Sources publiques citées dans cet article : guide d’information de la Complémentaire Retraite des Hospitaliers (valeurs du point et rendement au 1er janvier 2025, taux de revalorisation, garantie en capital, modalités de sortie) ; notice d’information de la CRH (frais, coefficients d’âge, options de réversion et d’annuités garanties, cadre fiscal, exemples chiffrés) ; règlement du régime de la CRH (règles d’attribution des points, taux de cotisation). Comparaison Préfon : notice d’information du régime Préfon-Retraite. Régime géré par le C.G.O.S et assuré par Allianz Retraite ; PER régi par le Code monétaire et financier.